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Écrit par Administrateur du site   
Lundi, 19 Avril 2010 21:55

Il est des hommes qui entretiennent une relation privilégiée avec le terroir où ils sont nés. Tel est bien le cas de Douglas Hyde. Ce fils d’un pasteur anglican, natif du comté de Roscommon en Irlande, fut essentiellement un homme enraciné. Son père se chargea de son éducation. Les longues randonnées à travers la campagne irlandaise et la fréquentation assidue de villageois au rocailleux parler gaélique firent le reste. En 1880, le jeune Hyde entra à l’université de Dublin où il se distingua sans jamais parvenir à s’intégrer totalement. Irlandais autant qu’on pouvait l’être, il supportait difficilement les préjugés coloniaux de Trinity College, le mépris dans lequel on y tenait la vieille langue ancestrale et les coutumes populaires, et le zèle avec lequel on s’efforçait de singer le mode de vie anglais jusque dans ses aspects les plus discutables. Soucieux de lutter contre ce courant d’imitation servile, Douglas Hyde avait adhéré à la Société pour la préservation de la langue irlandaise et participé au lancement du Gaelic Journal. Il avait également publié un recueil de contes où s’exprimait toute la richesse de la tradition orale irlandaise en voie d’extinction. Après un bref séjour au Canada, Douglas Hyde devait se consacrer entièrement au mouvement de renaissance linguistique. Ses Chants d’amour du Connaught publiés en 1893 eurent une profonde influence sur la jeune génération. William Butler Yeats, John Millington Synge, Lady Gregory y puisèrent une bonne part de leur inspiration. Mais Hyde n’était pas seulement un intellectuel, il était aussi un homme d’action. En 1893 il fonda une nouvelle association culturelle, la Ligue gaélique. Son but : préserver et étendre l’usage de la langue irlandaise, remettre en honneur les vieilles coutumes, développer une industrie nationale, refaire en un mot une Irlande irlandaise ouverte à toutes les traditions, catholique et protestante, nationaliste et unioniste, pourvu qu’elles fussent authentiquement irlandaises. Le succès foudroyant de la Ligue gaélique — 964 « branches » en 1906 dans tout le pays — fit espérer une véritable révolution culturelle. Hyde parvint à imposer l’enseignement de l’irlandais à l’école et à l’université. Mais le mouvement qu’il avait déclenché ne devait pas tarder à lui échapper. La Ligue gaélique tomba sous la coupe du Sinn Fein et des nationalistes les plus avancés. En 1915 elle se déclara favorable à une « Irlande libre ». Faute de pouvoir maintenir la ligne apolitique qui lui semblait la seule de nature à pouvoir unir le peuple d’Irlande, Douglas Hyde abandonna ses fonctions de président pour se consacrer à la littérature et à l’enseignement. Mais il n’avait pas peu contribué à galvaniser la génération de la guerre d’indépendance. Et lorsque naquit l’État libre d’Irlande, c’est tout naturellement qu’il entra au Sénat sans renoncer pour autant à sa chaire d’irlandais moderne à l’Université nationale. Enfin, lorsque Eamon De Valera fit promulguer la nouvelle Constitution de l’Eire en 1937, Douglas Hyde quoique protestant fut élu premier président du nouvel État. L’Irlande rendait ainsi hommage à un des véritables pères de la nation .
Après qu’il eut consciencieusement rempli son mandat, de 1937 à 1945, le gouvernement irlandais mit à sa disposition une résidence où il s’éteignit, le 12 juillet 1949, entouré de l’affection et du respect de ses concitoyens.

Mise à jour le Lundi, 19 Avril 2010 21:58
 

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