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Lundi, 19 Avril 2010 13:45
Index de l'article
Histoire
La tradition celtique
La société Celte
La romanisation
Domination anglaise
La fin du XIXème siècle
Toutes les pages

L’Irlande préhistorique

Les premières traces d’habitations humaine en Irlande remontent à environ 7000 avant J-C. Des hommes du mésolithique, vivant de la chasse et de la cueillette, traversèrent le Canal du Nord depuis l’Angleterre et se répandirent vers l’Ouest et le Sud. Vers 4000 avant J-C, ils furent suivis par des fermiers du néolithique. Des traces de leurs huttes ont été découvertes près du Lac Gur. Ces fermiers élevaient du bétail, des moutons et des chèvres et aménageaient des clairières dans les forêts pour y semer du blé et de l’orge. Un site sur lequel les hommes de l’âge de la pierre fabriquaient leurs outils en silex a été découvert à Glenann.

Tumulus les monuments les plus visibles et les mieux conservée des hommes du néolithique, qui vécurent en Irlande en 4000 et 2000 avant J-C, sont leurs tombes mégalithiques. Les plus impressionnants sont les tombes à couloir de Newsgrange, Knowth et Dowth Dans la vallée de la Boyne, et du mont Bricklieve, de Loughcrew, Fourknocks et Knockmany. Chaque tombe comprend un passage menant à une grande chambre, surmontée d’une pierre plate ou d’un structure en encorbellement. Parfois, trois pièces plus petites, contenant des cuvettes de pierre, sont rattachés à la chambre principale, l’ensemble formant une croix. Elles étaient recouvertes d’un tertre circulaire en terre ou en pierre, retenu par un anneau de pierre vertical. Les tombes à couloir datent de 3000-2500 ans avant J-C.

Les plus anciennes structures mégalithiques, les tombes à cour, sont constituées d’une longue chambre, divisée en compartiments et coiffée d’un tertre de pierre retenu par un une bordure de pierres verticales. A l’entrée, des menhirs flanquent une cour semi-circulaire à ciel ouvert, comme à Creevykeel et à la sépulture d’Ossian. Un troisième type de tombe mégalithique- la tombe portail, ou dolmen se rencontre près de la côte orientale, à Proleek notamment. La tombe est constituée de deux pierres dressées face à face. D’autres blocs, alignés derrière elles, soutiennent une massive dalle de pierre hissée sur une rampe de terre, disparue depuis longtemps. Ces ouvrages datent d’environ 3000 ans avant J-C. La tombe à chambre en coin sont des chambres funéraires plus larges à une extrémité qu’a l’autre. Elles aussi étaient couvertes d’un tertre de pierre ou de terre, retenu par des menhirs près de l’entrée. Ces dernières sépultures datent d’environ 2000 ans avant J-C.

Cromlechs ou cercles de pierres- ces cercles de pierres remontant à l’âge du bronze (1750-500 avant J-C) se trouvent dans le Sud-ouest du pays et sont généralement composés d’un nombre impair par pierres. Celui de Dromberg semble avoir servi à déterminer le jour le plus cour de l’année.

Menhirs –les simples menhirs datent également de l’âge du bronze. Ils auraient été érigé pour marquer les limites ou l’emplacement des tombes. Les générations suivantes les transformèrent parfois en monuments chrétiens en y gravant une croix ou une inscription oghamique.


La tradition celtique

D’après les témoignages archéologiques, les premiers Celtes (les Gaëls), originaires du continent européen, seraient arrivés en Irlande au début du l’âge du fer (3èmé siècle avant J-C). il est possible cependant que cette immigration aie débuté dès 1500 avant J-C, leur influence persista très longtemps.

Fermiers et éleveurs Les celtes ne se rassemblaient par dans des villes mais établissaient des communautés isolées dans une campagne qui était alors largement recouverte par la forêt. Ces hommes vivaient dans des fermes circulaires où leurs animaux étaient abrités pour la nuit. Ils cultivaient des céréales dans des champs situés autour de la ferme, leur principale richesse étant leurs troupeaux de bétail qu’il menaient en été jusqu’aux hauts pâturages, où ils construisaient des habitations légères (booleys).

Les Celtes apportèrent avec eux diverses techniques culinaires : le brassage de la bière, le barattage du beurre, la confection du pain au levain, l’usage du sel, du vinaigre et du miel pour converser la nourriture et celui du chaudrons de fer pour cuisiner.

L’artisanat celtique les artisans celtes fabriquaient des ornements personnels tels que les fibules et les broches pour attacher leurs vêtements, mais aussi des harnais pour les cheveux et les fourreaux d’épées, décorés de courbes en forme de S ou de C, de spirales et de zigzags, dont les interstices étaient comblés par une trame de vannerie. Des trouvailles similaires ont confirmé l’appartenance de ces motifs à la civilisation de Tène (près de Neuchâtel, en Suisse).

Site florissant durant les 5 derniers siècles avant J-C. Ce style se trouve en Irlande sur deux monuments de granit, à Turoe et Castlestrange datent du 3ème siècle avant J-C, seuls monuments de ce genre qui subsistent sur l’île. Ils étaient probablement utilisés pour des cérémonies religieuses et ressemblent à l’Omphalos grec de Delphes, cité pillée par les Celtes en 290 avant J-C.

 

wap_creevykeel.

Religion

Les Celtes semblent avoir vouée un culte à un grand nombre de dieux dont celui de la tribu qui, bien évidemment, variait d’une tribu à l’autre. Ils considéraient aussi certains arbres, puits, sources et rivières (le Boyne par exemple) comme sacrés. Leurs prêtres, les druides, avaient la préséance dans la société. Ils étaient formés à leur sacerdoce pendant de longues années (12-20 ans) et apprenaient tout par cœur. Ils tiraient leurs présages de entrailles des animaux ou du vol des oiseaux. Ils faisaient également des sacrifices d’animaux après une victoire et parfois d’être humains, Lorsqu’un criminel se révélait être la victime toute désignée. Quatre grandes fêtes étaient célébrées dans l’année : Imbolg (1er février), Beltaine (1er mai), Lughnasa (1er août), Samhain (1er novembre.

Des assemblés, au cours desquelles se déroulaient des jeux et des courses, se tenaient sur d’antiques sites royaux ou sur des lieux de réunion tels que Tara et Tullaghoge. Les Celtes enteraient leurs morts, parfois incinérés, avec des offrandes de nourritures et des ornements, ils croyaient qu’après la mort ils allaient rejoindre leurs ancêtres, les dieux de l’Autre Monde, censés vivre dans les tumulus sacrés, que l’on sait désormais être des tertres funéraires tels que ceux de Newgrange et de Tara.

 


La société Celte

Outre leur charge sacerdotale, les druides avaient deux autres devoirs à accomplir ; juges (Brithem), ils interprétaient la loi Brehon qui prévoyait une échelle de compensations contre les mauvaises actions, même le meutre, ‘payable’ par la famille du malfaiteur. Le code reconnaissait ainsi le jeûne, avec des témoins devant la maison du criminel, comme un moyen de redressement : généalogistes, historiens et poètes (filid), les druides enregistraient l’histoire du clan.

L’apprentissage de cette fonction se déroulait dans des écoles de bardes. Les Celtes étaient groupées en clans (túath), subdivisés en familles (derbfine). Ils n’y avait pas de primogéniture et les membres de trois générations. Oncles, frères et neveux aussi bien que les fils du roi, pouvaient être élus pour accéder à la royauté du clan. Il était de coutume que els fils soient élevés hors du clan familial, par d’autres familles. Cette pratique créait un lien supplémentaire dans le réseau déjà complexe des engagements de fidélité.

Exploits héroïques

Grande guerriers, les Celtes disposaient d’armes, lances ou épées, en fer ou en bronze. Aux 4 ème et 5 ème siècle, les Celtes Irlandais, appelés « Scots », s’allièrent au Pictes, implantés au Nord du mur d’Antonin, pour procéder à des raids sur la Bretagne romaine. Des colonies irlandaises furent ainsi établies sur l’île de Man, en Cornouailles et au pays de Galles.

A la fin du 5ème siècle, les fils d’Erc, du royaume de Dál Riada en Antrim, établirent en Argyll un second Dál Riada, qui , au milieu du 9 ème siècle couvrait toute l’Ecosse. Les exploits celtes au cours des batailles querelles de familles pour la succession, opérations inter-tribales pour s’emparer de bétail ou invasions étrangères étaient célébrés par les bardes en vers et en chanson.

Quatres cycles d’antiques sagas irlandaises sont conservés. Le Cycle mythologique parle des héros ou des dieux qui habitaient l’Irlande avant l’arrivée des Celtes et conte les histoires de la bataille de Moytura, des Enfants de Lir et de la Quête de L’Etain.

Le Cycle d’Ulster raconte les exploits des Chevaliers de la branche rouge du Ford de Navan ; il inclut le Raid pour le bétail de Cooley (Táin Bó Cuaigne), poème épique décrivant comme la reine Maeve du Connaught entreprit la capture du Célèbre taureau brun de Cooley et comment ferdia, le champion du Connaught, fut vaincu par Cùchulain, le champion de l’Ulster. Le cycle ossianique (également connu sous le nom de cycle fenian) se déroule sous le régne de Cormac mac Airt, qui aurait régné à Tara au 3ème siècle et parle de Fionn mac Cumaill et du Finna, dont la capital était située sur la colline d’Allen. Le Cycle historique enfin, ou Cyle des rois, est vraisemblablement un mélange d’histoire et de fiction.

Les pierres Oghamiques

L’ogham, fondé sur les sons de l’alphabet latin, mais n’ayant rien en commun avec l’écriture latine, commença d’être utlisé en Irlande vers le 4ème siècle, (ogmios était le dieu celtique de l’éloquence). Il est constitué de 20 signes, composés de traits longs ou brefs, disposées horizontalement ou en diagonale par groupe de cinq traits au maximum de part et d’autres ou en travers d’une ligne de base constituée en général par l’arête d’un menhir. La plupart des inscriptions oghamiques sont des dédicaces commémoratives gravées entre les 4ème et 7ème siècle, mais l’écriture fut employée au moins jusqu’au 8ème siècle de notre ère. Des pierres oghamiques furent découvertes, non seulement en Irlande (au nombre de 300), mais aussi dans l’Ouest de la Grande-Bretagne.


La romanisation

Le caractère spécifique de l’Eglise irlandaise, notamment en ce qui concerne les rites, ne pouvant convenir aux instances catholiques de Rome, elle fut progressivement réorganisée à la suite de quatre synodes, qui eurent lieu dans la première moitié du 12ème siècle. Quatre provinces et 33 nouveaux diocèses furent crées, avec chacun un évêque. Certaines églises monastiques devinrent des cathédrales, d’autres furent utilisées comme églises paroissiales.

Les ordres monastiques du continent furent introduits : les augustins prirent la relève d’anciens centre monastiques pour être près du peuple : les cisterciens choisirent de nouveaux sites isolées, en accord avec leur règle ascétique, qui attirèrent de nombreux moines irlandais depuis leurs vieux monastères. En 1272, on dénombrait 38 maisons cisterciennes en Irlande. Au 13ème siècle, les franciscains s’installèrent dans les villes, et au 15ème siècle, ils se répandirent vers l’Ouest et le Nord du pays. Le rôle de l’Eglise irlandaise fut encore amoindri par le Normands, avec la bénédiction du roi Henri II et des papes Adrien IV et Alexandre III, dans le but « d’étendre les limites de l’Eglise romaine ». Les statuts de Killkenny (1366) interdirent aux Irlandais d’entrer dans des monastères dirigés par les Anglais, et le prêtres s’exprimant en anglais devaient être nommés dans des paroisses anglophones.

La Réforme

Au 16ème siècle, les Églises d’Angleterre et d’Irlande furent déclarées indépendantes de Rome et les monastères supprimés. Le Trinity College (Collège de la Trinité) de Dublin fut fondée en 1591 pour former des prêtres irlandais anglicans. Même si les catholiques étaient admis à certains diplômes en 1793, le titre d’enseignant fut réservé aux anglicans jusqu’en 1873. Les réformes du 16ème siècle ne furent mises en application en Irlande que par Intermittence. La majorité des gens restèrent fidèles à l’Eglise romaine et de nombreux monastères subsistèrent jusqu’à qu’ils soient supprimés par Cromwell. Au début du 17ème siècle, la colonisation de l’Ulster par les Ecossais de Lowlands introduisit un presbytérianisme fervent

Les lois pénales

Les mesures répressives introduites après la bataille de la Boyne (1690) bannirent les évêques et les membres catholiques du clergé régulier d’Irlande : il était interdit d’envoyer les enfants s’instruire à l’étranger. Les prêtres catholiques voyageaient à travers le pays sous des déguisements et disaient des messes en plein air en des endroits retirés ou dans les églises des monastères en ruine. Ils utilisaient une vaisselle sacramentelle qui pouvait se démanteler afin d’éviter tout risque d’être découverts. L’enseignement avait lieu dans les « écoles de bocages » où, abrités derrière des haies, des maîtres enseignant aux enfants le latin, le grec, l’arithmétique, L’irlandais, l’anglais, l’histoire et la géographie. Ces maîtres, récompensées de leur tâches en monnaie ou en nature, étaient des membres respectés de la communauté irlandaises et plusieurs d’entre eux étaient poètes.

La liberté confessionnelle

Les libertés de culte et d’éducation furent garanties par les lois d’exemption des catholiques (Catholic Relief Acts) de 1791 et 1793. En 1795, le séminaire de Maynooth fut crée pour former le clergé catholique. Ancien élève d’une « école de bocages », Edmund Rice (1762-1844) obtint en 1820 la reconnaissance par le pape des Frères chrétiens (Christian Brothers), ordre qui fonda de nombreuses écoles de garçons en Irlande. En 1831, les « écoles des bocages » du 18ème siècle furent remplacées par les Ecoles nationales. La séparation de l’Eglise anglicane d’Irlande et de l’Etat survint en 1869.

A l’exception de Trinity Collège et de deux autres Collèges, à Maynooth et Galway au 16ème siècle, l’Irlande ne possédait aucune université. En 1845, des chartes prévoyaient la création de trois collèges à Belfast, Cork, Galway, mais l’opposition catholique fit que seul le Queen’s Collège de Belfast se développa. L’Université nationale d’Irlande lors de sa fondation en 1908. Deux ans plus tard, le séminaire de Maynooth accédait au statut de collège de l’Université nationale.

Pèlerinage et pardons

Nombres d’anciens site religieux sont des lieux de pèlerinage le jour de la fête de saints ; à Glencolumbkille le jour de la Saint-Columba (le 9 juin) : à Clonmacnoise le jour de la Saint-Kieran (le 9 septembre) : à Croagh Patrick en juillet. Le pèlerinage les plus éprouvants ont lieu au Purgatoire de Saint-Patrick (St Patrick’s Purgatory), dans l’île de lac Derg (au Sud-Est de Donegal), où Saint-Patrick passa 40 jours de pières et de jeûne. Pendant la saison (1er juin au 15 août). Les pèlerins vont pieds nus pendants trois jours, prennent part à une nuit de veille et n’absorbent qu’un seul repas par jour, composé de pain, de thé, ou de café noir.

Un pardon (pattern, déformation de patron) est une visite collective à un puits sacré, placé sous la protection du saint patron de la région. On y récite des prières : des pièces, des fleurs et des morceaux de vêtements sont laissés en gage de gratitude ou d’espoir, jadis, ces jours saints étaient l’occasions de beuveries et finissaient souvent par des bagarres.


Domination anglaise

Vers 1535, le roi d'Angleterre Henri VIII (1509-1547) entre en opposition avec le pape à propos de son divorce et dissout les ordres monastiques. Il se déclare lui même Chef de l'église d'Irlande, en 1541, après avoir réprimé une rébellion de Grands Seigneurs du pays. De 1553 à 1558, Marry Tudor, reine catholique d'Angleterre, décide de chasser les Irlandais de leurs terres et d'installer à leur place des colons anglais : les terres de Leix et d'Offaly sont ainsi confisquées : la colonisation de l'Irlande, par la création de plantations, commence. Lors de la seconde moitié du XVIème siècle, Elisabeth Ière (1558-1603) poursuit une politique d'oppression religieuse des Irlandais, en majorité catholiques.

En 1571, Séan O'Ceannaigh traduit le Catéchisme Protestant en gaélique et le publie à Dublin. Un premier soulèvement sanglant contre les plantations a lieu dans le Munster en 1579. Les troupes coloniales de la Reine Elizabeth d'Angleterre, aux ordres de Lord Grey et de Sir Walter Raleigh organisent la répression : le chef irlandais, James Fitzmaurice est tué ; quelque sept cents soldats espagnols et italiens envoyés par le très catholique Roi d'Espagne Philippe II et par le Pape Grégoire XIII sont impitoyablement massacrés près de Dingle. A titre de représailles, Elizabeth confisque 80 000 hectares de terres, possessions catholiques qu'elle remet à des colons anglais : cette pratique deviendra courante pendant les deux siècles suivants.

Il y eut une dernière rébellion des Grands d'Irlande de 1594 à 1603. C'est la guerre de Neuf ans, menée par le comte de Tyrone Hugh O'Neil. Son armée met en déroute les forces anglaises fortes de 40 000 soldats à la bataille de Yellow Ford dans l'Ulster en 1598. Les O'Neil et les O'Donnel, descendants des rois d'Irlande, aidés par le primat catholique, réussissent à repousser les colons anglais. A la bataille de Kinsale en 1601, les Irlandais sont battus mais O'Neil ne se soumettra que trois ans plus tard.

Les O'Neil et les O'Donnel, accusés de complot par les anglais en 1607, doivent quitter l'Irlande : les chefs de clans du nord de l'île s'exilent et partent pour Rome. Cet événement, appelé la Fuite des Comtes, marque l'écroulement de la résistance irlandaise en Ulster. Les régions Centre et Ouest de l'Ulster sont colonisées, en 1608, par des protestants écossais et anglais qui reçoivent les terres confisquées aux Irlandais ; cet événement est souvent considéré comme à l'origine des difficultés que connaît aujourd'hui l'Irlande. A la suite d'un soulèvement Irlandais qui permit de reprendre 59% des terres confisquées de l'île, un parlement national est établi à Kildenny, en 1641. Ce parlement affirme non seulement l'indépendance irlandaise mais aussi la liberté absolue de conscience et de religion partout dans le pays.

Au mois d'août 1649, Cromwell, à la tête d'une armée de 12 000 hommes, dont 3 000 Côtes de Fer, débarque à Dublin et s'empare de la ville de Drogheda, massacrant la presque totalité de ses habitants, soit près de 3 000 personnes... Cette expédition punitive dure trois ans. Quelques 30 000 soldats Irlandais sont autorisés à s'exiler en France et en Espagne, tandis que des milliers de femmes et d'enfants (100 000 environ) sont déportés aux Antilles et en Virginie. On estime que sous Cromwell, la population est tombée de 1 466 000 à 616 000 habitants... Sur ce nombre, 504 000 sont Irlandais et 112 000 sont des colons anglais et écossais.

Le roi catholique Jacques II (1685-1688), dont les efforts pour restaurer le catholicisme en angleterre se heurtent à une forte opposition, se bat en Irlande du Nord pour essayer de rétablir son autorité. Sur les rives de la Boyne en 1690, Jacques II est définitivement battu par le protestant Guillaume III d'Orange qui gouverne l'Angleterre depuis 1689.

Avec cette défaite commence, au XVIIIème siècle, pour les Irlandais une époque d'oppression politique et religieuse particulièrement dure. Les lois pénales, qui discriminent les catholiques, sont promulguées. Beaucoup d'Irlandais émigrent vers les États-Unis d'Amérique. La pauvreté de la population locale tranche avec l'opulence des Anglo-irlandais, qui possèdent des biens importants et de splendides maisons.

Une relative autonomie

En 1782, la loi Gardinier met fin fin aux lois pénales élaborées en 1695 contre la population catholique. Des patriotes anglo-irlandais, conduits par Henry Grattan réussissent à obtenir une relative autonomie législative par la constitution de 1782, mais cette réforme ne touche que la population protestante, c'est à dire 1/10ème des habitants.

L'association des United Irishmen (Irlandais Unis), réunie à Belfast en 1791, devient le premier mouvement anti-impérialiste du pays. Son leader, le protestant Wolfe Tone, dans son célèbre discours, An Address to the Irish People, publié à Belfast, proclame l'intention du mouvement d'établir une république irlandaise basée sur l'égalité des droits et des libertés individuelles.

Le droit de vote est accordé aux propriétaires catholiques les plus aisés par le Catholic Relief Act en 1793. En 1795, le Roi George III refuse d'accorder le droit civique à l'ensemble des catholiques : des émeutes éclatent à Dublin. Des insurrections républicaines éclatent de 1796 à 1798 et sont menés par l'United Irishmen et son leader, Wolfe Tone partit chercher de l'aide en France. Ces insurrections seront impitoyablement écrasées par les Anglais et la plupart des United Irishmen sont arrêtés et emprisonnés. Wolfe Tone, revenu en Irlande avec un contingent français, est fait prisonnier par les Anglais. Il se suicidera dans sa cellule pour éviter la potence, comme un prisonnier de droit commun.

L'Acte d'Union

Le premier ministre britannique, William Pitt, fait accepter l'Acte d'Union ; le 7 juin 1800. Après de multiples pressions sur les membres du parlement irlandais, l'acte d'Union est voté par cent cinquante huit voix pour et cent quinze contre. L'Irlande est intégrée au Royaume Uni, le Parlement irlandais est dissous, le contrôle législatif transféré à Londres et l'économie irlandaise est fondue dans l'économie anglaise.

L'époque d'O'Connell

O'Connell commence son combat pour la défense des droits civiques de la communauté catholique en 1823. Il fonde la même année l'Association catholique. Aux élections de 1828, Daniel O'Connell est élu triomphalement député à Westminster grâce aux voix des petits propriétaires de la côte ouest de l'île. Il se rend, bien qu'inéligible parce que catholique, à Londres où il refuse de prêter le serment antipapiste de 1692. Son élection est ainsi annulée, mais sa popularité fait de lui le leader de la population catholique. Il demande officiellement, en 1834, aux communes de Londres, l'abrogation de l'Acte d'Union (1800). Mais par un vote négatif, le Parlement brittanique refuse aux Irlandais le droit d'être Irlandais. Une première mesure favorable est obtenue pour les catholiques en 1837 par O'Connell : ils sont dispensés de payer la dîme à l'Eglise anglicane.

En 1838, alors que la pauvreté augmente et les expulsions continuent, O'Connell organise de grands rassemblements pour plaider pacifiquement en faveur de l'indépendance irlandaise. Il est élu la même année maire de Dublin.

Depuis la création de son association pour l'abrogation de l'Acte d'Union en 1840, O'Connell mène une campagne dans tout le pays, clamant dans ses meetings la nécessité de l'abolition de cet Acte et une certaine autonomie pour l'Irlande, un Home Rule. Mais Londres envoie des troupes en 1843 pour empêcher les réunions.

La Grande Famine

La pire des catastrophes qu'ait jamais connu l'Irlande s'abat sur le peuple : la pomme de terre, dont la moitié de la population se nourrit, est atteinte de la brunissure et engendre une terrible famine. Un million et demi d'Irlandais meurt entre 1845 et 1851, et un autre million de personnes doit s'exiler, essentiellement vers l'Amérique du Nord. La Grande Famine saigne à blanc l'Irlande, la vidant de ses forces vives, tout ceci sous les yeux des Anglais qui jamais ne les aidèrent.


La fin du XIXème siècle

James Stephens installe l'I.R.B (l'Irish Republican Brotherhood=Fraternité Républicaine Irlandaise) en Irlande en 1858. De nombreux "Fenians", membre de l'I.R.B, prennent part à la guerre civile en Amérique qui débuta en 1861.

De 1869 à 1870, le premier ministre brittanique Gladstone dissout l'Eglise protestante d'Irlande et organise des réformes agraires pour rendre la terre aux paysans. Les biens de cette Eglise protestante sont distribués aux catholiques, aux presbytériens et aux oeuvres charitables.

A la fin du IXXème siècle, divers lois agraires sont votées, des associations pour l'indépendance de l'Irlande sont crées et Butler Yeats, Lady Gregory et Edward Martyn fondent l'Abbey Theatre, qui jouera un grand rôle dans la création théâtrale et littéraire irlandaise. Un début de XXème siècle mouvementé John Edward Redmont, chef nationaliste, appelle vainement au soulèvement contre la Grande-Bretagne en 1900. En 1904, le parti républicain Sin Féin (Nous-Seuls), est fondé par Arthur Griffith et Tom Clarke, avec le soutien de L'Irish Républican Brotherhood (Fraternité Républicaine Irlandaise).

Sous la direction du protestant Edward Carson, plus de 400 000 personnes d'Irlande du Nord manifestent contre le Home Rule en 1912. Ne voulant pas être gouvernés par les papistes de Dublin, les Protestants presbytériens forment le Covenant d'Ulster pour résister aux Catholiques : " Not an inch " (pas un pouce), lance Carson, leur leader. Ils réaffirment leur loyauté envers la Couronne britannique.

Une troisième loi sur le Home Rule de l'Irlande est votée à Londres, mais sera suspendue en 1914, dès le début de la première guerre mondiale.

Carson fait venir des armes d'Allemagne et organise un corps de volontaires, The Ulster Volunteers Force, pour s'opposer au Home Rule en 1913. A Dublin, les républicains répondent en créant l'Irish National Volunteers, des milices armées nationalistes. La même année une grève menée par Larkin se termine dans la violence. Une garde nationale d'ouvriers s'organise sous le commandement du socialiste James Connolly : l'Irish Citizen Army.

Le soulèvement de Pâque et la proclamation de la République Le 24 avril 1916, 1200 membres des Irish Volunteers sous la direction de Patrick Pearse et l'Irish Citizen Army, conduite par James Connolly, s'emparent de la poste centrale de Dublin et de divers bâtiments officiels anglais, et proclament la République Irlandaise. Ils établissent un gouvernement provisoire présidé par Connolly ; Pearse devient commandant en chef des forces républicaines. Après six jours de combats contre vingt mille soldats anglais, les insurgés doivent se rendre : seize des chefs, dont Pearse et Connolly, sont traînés en conseil de guerre et exécutés. Deux mille cinq cents républicains sont déportés dans des camps en Grande-Bretagne. Un certain nombre sera libéré à Noël, dont Michael Collins.

A la fin de la première guerre mondiale en 1918, on compte 50 000 tués au cours des hostilités, entre 1914 et 1918, sur les 180 000 volontaires Irlandais présents sur le front allié, dans les forces britanniques. La même année, aux élections générales britanniques le Sinn Féin gagne soixante-treize sièges sur les cent cinq proposés aux Irlandais à Westminster : les élus du Sinn Féin refusent d'aller à Londres. En 1919, les députés du Sinn Féin convoque un parlement irlandais à Dublin, la Dàil Eireann, qui ratifie l'instauration de la république Irlandaise, proclame l'indépendance de la nation et adopte un programme démocratique pour gouverner l'Irlande en conformité avec les principes de Liberté, d'Égalité et de Justice pour tout le monde. L'Armée Républicaine Irlandaise (Irish Republican Army : I.R.A.) est soumise aux ordres du ministre de la défense. Alors qu'Eamon De Valera et soixante chefs du Sinn Féin sont encore en prison, Michael Collins se retrouve à l'âge de 29 ans à la tête de l'Irlande.

En septembre, les autorités militaires britanniques proclament l'illégalité de la Dàil Eireann et envoient 70 000 hommes de troupes britanniques et des forces de police, aidées d'auxiliaire et de vétérans recrutés en Angleterre et en Écosse, surnommés les Black and Tans. Ceux-ci incendient et pillent des villes et des villages, faisant installer ainsi la terreur. Pendant cette période de trouble, Collins fait évader De Valera qui s'enfuit aux États-Unis.

La partition de l'Irlande

Le 24 juin 1921, le premier ministre britannique, Lloyd George, un Gallois, ouvre les négociations avec les membres du gouvernement révolutionnaire irlandais, conduit par De Valera. Ces discussions mènent à la conférence de paix qui se termine le 06 décembre par le traité de Londres, qui partage l'Irlande en deux : 26 comtés sur les 32 deviennent un état indépendant, << Saorstat Eireann-Irish Free State >> (État libre d'Irlande) et les 6 autres comtés du nord-est (l'Irlande du Nord) reste partie intégrante du Royaume Unis.

Ce traité est signé par les modérés du Sinn Féin, Griffith et Collins, mais il est refusé par De Valera et ses partisans. Ratifié le 8 janvier 1922, ce traité engendra de nombreux drames en Irlande. Griffith devient le nouveau président de l'État libre d'Irlande après la démission de De Valera. Comme il est dit plus haut, le 8 janvier 1922, le traité de partition de l'Irlande est ratifié. Les 19 divisions de l'I.R.A. sont partagées quany à ce traité.

La guerre civile éclate opposant les Anglais à l'I.R.A.. Lors de cette guerre, le chef d'état-major de l'armée britannique et député d'Irlande du Nord, Sir Wilson, est abattu par l'I.R.A.. Meurt aussi à cette période : Arthur Griffith, Michael Collins. Cette guerre fratricide ruine l'Irlande et la divise plus que jamais. Elle cesse le 27 avril 1923 après qu'Eamon De Valera ait signé une proclamation qui ordonne la suspension des hostilités. Une deuxième moitié de XXème siècle calme Une fois que le calme revint, la République d'Irlande essaya de bien se démarquer de l'Angleterre, elle réussit à le faire de la manière la plus ambiguë en demeurant neutre pendant la seconde guerre mondiale. L'Irlande du Nord, jouissant d'une tranquillité à la fois inquiétante et pleine de suffisance, a un niveau de vie plus élevé qu'au Sud. Ceci est dû au fait qu'elle fait partie du Royaume-Uni.

La fin du XXème siècle

Les faits de cette fin du XXème siècle en Irlande sont que sa République essaie de devenir un pays de type européen et entre dans la C.E.E. (actuellement l'U.E.) ainsi que sa langue. Cette fin de XXème siècle est aussi marqué par les nombreux attentats et la guérilla que l'I.R.A. mena contre les britanniques. Mais depuis le début de l'année 1995, des négociations sont en cours entre les britanniques et l'I.R.A. amenant à des traités. Un espoir de paix peut être envisagé.

Mise à jour le Vendredi, 14 Mai 2010 15:11
 

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