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Histoire - Domination anglaise PDF Imprimer Envoyer
Écrit par perso.wanadoo.fr/alain.guennec   
Lundi, 19 Avril 2010 13:45
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Histoire
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Domination anglaise
La fin du XIXème siècle
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Domination anglaise

Vers 1535, le roi d'Angleterre Henri VIII (1509-1547) entre en opposition avec le pape à propos de son divorce et dissout les ordres monastiques. Il se déclare lui même Chef de l'église d'Irlande, en 1541, après avoir réprimé une rébellion de Grands Seigneurs du pays. De 1553 à 1558, Marry Tudor, reine catholique d'Angleterre, décide de chasser les Irlandais de leurs terres et d'installer à leur place des colons anglais : les terres de Leix et d'Offaly sont ainsi confisquées : la colonisation de l'Irlande, par la création de plantations, commence. Lors de la seconde moitié du XVIème siècle, Elisabeth Ière (1558-1603) poursuit une politique d'oppression religieuse des Irlandais, en majorité catholiques.

En 1571, Séan O'Ceannaigh traduit le Catéchisme Protestant en gaélique et le publie à Dublin. Un premier soulèvement sanglant contre les plantations a lieu dans le Munster en 1579. Les troupes coloniales de la Reine Elizabeth d'Angleterre, aux ordres de Lord Grey et de Sir Walter Raleigh organisent la répression : le chef irlandais, James Fitzmaurice est tué ; quelque sept cents soldats espagnols et italiens envoyés par le très catholique Roi d'Espagne Philippe II et par le Pape Grégoire XIII sont impitoyablement massacrés près de Dingle. A titre de représailles, Elizabeth confisque 80 000 hectares de terres, possessions catholiques qu'elle remet à des colons anglais : cette pratique deviendra courante pendant les deux siècles suivants.

Il y eut une dernière rébellion des Grands d'Irlande de 1594 à 1603. C'est la guerre de Neuf ans, menée par le comte de Tyrone Hugh O'Neil. Son armée met en déroute les forces anglaises fortes de 40 000 soldats à la bataille de Yellow Ford dans l'Ulster en 1598. Les O'Neil et les O'Donnel, descendants des rois d'Irlande, aidés par le primat catholique, réussissent à repousser les colons anglais. A la bataille de Kinsale en 1601, les Irlandais sont battus mais O'Neil ne se soumettra que trois ans plus tard.

Les O'Neil et les O'Donnel, accusés de complot par les anglais en 1607, doivent quitter l'Irlande : les chefs de clans du nord de l'île s'exilent et partent pour Rome. Cet événement, appelé la Fuite des Comtes, marque l'écroulement de la résistance irlandaise en Ulster. Les régions Centre et Ouest de l'Ulster sont colonisées, en 1608, par des protestants écossais et anglais qui reçoivent les terres confisquées aux Irlandais ; cet événement est souvent considéré comme à l'origine des difficultés que connaît aujourd'hui l'Irlande. A la suite d'un soulèvement Irlandais qui permit de reprendre 59% des terres confisquées de l'île, un parlement national est établi à Kildenny, en 1641. Ce parlement affirme non seulement l'indépendance irlandaise mais aussi la liberté absolue de conscience et de religion partout dans le pays.

Au mois d'août 1649, Cromwell, à la tête d'une armée de 12 000 hommes, dont 3 000 Côtes de Fer, débarque à Dublin et s'empare de la ville de Drogheda, massacrant la presque totalité de ses habitants, soit près de 3 000 personnes... Cette expédition punitive dure trois ans. Quelques 30 000 soldats Irlandais sont autorisés à s'exiler en France et en Espagne, tandis que des milliers de femmes et d'enfants (100 000 environ) sont déportés aux Antilles et en Virginie. On estime que sous Cromwell, la population est tombée de 1 466 000 à 616 000 habitants... Sur ce nombre, 504 000 sont Irlandais et 112 000 sont des colons anglais et écossais.

Le roi catholique Jacques II (1685-1688), dont les efforts pour restaurer le catholicisme en angleterre se heurtent à une forte opposition, se bat en Irlande du Nord pour essayer de rétablir son autorité. Sur les rives de la Boyne en 1690, Jacques II est définitivement battu par le protestant Guillaume III d'Orange qui gouverne l'Angleterre depuis 1689.

Avec cette défaite commence, au XVIIIème siècle, pour les Irlandais une époque d'oppression politique et religieuse particulièrement dure. Les lois pénales, qui discriminent les catholiques, sont promulguées. Beaucoup d'Irlandais émigrent vers les États-Unis d'Amérique. La pauvreté de la population locale tranche avec l'opulence des Anglo-irlandais, qui possèdent des biens importants et de splendides maisons.

Une relative autonomie

En 1782, la loi Gardinier met fin fin aux lois pénales élaborées en 1695 contre la population catholique. Des patriotes anglo-irlandais, conduits par Henry Grattan réussissent à obtenir une relative autonomie législative par la constitution de 1782, mais cette réforme ne touche que la population protestante, c'est à dire 1/10ème des habitants.

L'association des United Irishmen (Irlandais Unis), réunie à Belfast en 1791, devient le premier mouvement anti-impérialiste du pays. Son leader, le protestant Wolfe Tone, dans son célèbre discours, An Address to the Irish People, publié à Belfast, proclame l'intention du mouvement d'établir une république irlandaise basée sur l'égalité des droits et des libertés individuelles.

Le droit de vote est accordé aux propriétaires catholiques les plus aisés par le Catholic Relief Act en 1793. En 1795, le Roi George III refuse d'accorder le droit civique à l'ensemble des catholiques : des émeutes éclatent à Dublin. Des insurrections républicaines éclatent de 1796 à 1798 et sont menés par l'United Irishmen et son leader, Wolfe Tone partit chercher de l'aide en France. Ces insurrections seront impitoyablement écrasées par les Anglais et la plupart des United Irishmen sont arrêtés et emprisonnés. Wolfe Tone, revenu en Irlande avec un contingent français, est fait prisonnier par les Anglais. Il se suicidera dans sa cellule pour éviter la potence, comme un prisonnier de droit commun.

L'Acte d'Union

Le premier ministre britannique, William Pitt, fait accepter l'Acte d'Union ; le 7 juin 1800. Après de multiples pressions sur les membres du parlement irlandais, l'acte d'Union est voté par cent cinquante huit voix pour et cent quinze contre. L'Irlande est intégrée au Royaume Uni, le Parlement irlandais est dissous, le contrôle législatif transféré à Londres et l'économie irlandaise est fondue dans l'économie anglaise.

L'époque d'O'Connell

O'Connell commence son combat pour la défense des droits civiques de la communauté catholique en 1823. Il fonde la même année l'Association catholique. Aux élections de 1828, Daniel O'Connell est élu triomphalement député à Westminster grâce aux voix des petits propriétaires de la côte ouest de l'île. Il se rend, bien qu'inéligible parce que catholique, à Londres où il refuse de prêter le serment antipapiste de 1692. Son élection est ainsi annulée, mais sa popularité fait de lui le leader de la population catholique. Il demande officiellement, en 1834, aux communes de Londres, l'abrogation de l'Acte d'Union (1800). Mais par un vote négatif, le Parlement brittanique refuse aux Irlandais le droit d'être Irlandais. Une première mesure favorable est obtenue pour les catholiques en 1837 par O'Connell : ils sont dispensés de payer la dîme à l'Eglise anglicane.

En 1838, alors que la pauvreté augmente et les expulsions continuent, O'Connell organise de grands rassemblements pour plaider pacifiquement en faveur de l'indépendance irlandaise. Il est élu la même année maire de Dublin.

Depuis la création de son association pour l'abrogation de l'Acte d'Union en 1840, O'Connell mène une campagne dans tout le pays, clamant dans ses meetings la nécessité de l'abolition de cet Acte et une certaine autonomie pour l'Irlande, un Home Rule. Mais Londres envoie des troupes en 1843 pour empêcher les réunions.

La Grande Famine

La pire des catastrophes qu'ait jamais connu l'Irlande s'abat sur le peuple : la pomme de terre, dont la moitié de la population se nourrit, est atteinte de la brunissure et engendre une terrible famine. Un million et demi d'Irlandais meurt entre 1845 et 1851, et un autre million de personnes doit s'exiler, essentiellement vers l'Amérique du Nord. La Grande Famine saigne à blanc l'Irlande, la vidant de ses forces vives, tout ceci sous les yeux des Anglais qui jamais ne les aidèrent.



Mise à jour le Vendredi, 14 Mai 2010 15:11
 

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